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Mon combat pour l'Ukraine de Jean Kazemirchuk
Exposition
Gravures
Date
2025
Rôle
Rédaction, graphisme et muséographie.
Né au Québec au milieu du siècle dernier avec un patronyme qui révèle ses origines ukrainiennes, Jean Kazemirchuk entretiendra longtemps un lien ambigu avec cet héritage avant qu’il ne soit ravivé par les événements récents. Le 24 février 2022, les chars d’assaut russes traversaient la frontière de l’Ukraine. Devant l’horreur et la brutalité de cette agression, Kazemirchuk trouvera dans son art la manière d’exprimer l’élan patriotique dont il est brusquement saisi.
Comme d’autres artistes avant lui qui ont témoigné du mépris des despotes pour les valeurs humaines — «Les désastres de la guerre» (1810) de Goya ou «Guernica» (1937) de Picasso en sont des exemples parmi les plus connus — Kazemirchuk lutte contre l’oubli de cette «sale guerre».
Ce n’est pas un hasard s’il a choisi l’estampe pour produire ce corpus. Historiquement, elle se prête bien au commentaire social et est considérée comme un art démocratique, car elle permet une diffusion à grande échelle. Après plusieurs expérimentations, il opte pour la gravure à la pointe sèche sur Plexiglas, un procédé particulièrement adapté à sa prédilection pour le trait fin.
La première série de 21 estampes, amorcée au printemps 2022, fut créée à partir d’images publiées dans les médias depuis le début du conflit. Fidèle à sa méthode de travail, l’artiste les a déconstruites et recomposées pour réaliser ces portraits de la population ukrainienne.
Explorateur de l’âme, Kazemirchuk nous a familiarisés avec un style pictural soigné, aux formes souples et organiques, dans l’intention déclarée «de faire s’éveiller l’homme à son pouvoir de rêver et d’imaginer». Nous le retrouvons aujourd’hui avec une œuvre contrastée presque documentaire qui appelle le désir de se révolter et de s’indigner.
Une deuxième série de quatorze estampes propose une vision plus apaisée avec les portraits de famille et des moments de vie avant le conflit. On y retrouve aussi un clin d’œil à l’artiste Wanda Koop, Canadienne d’origine ukrainienne invitée au Musée des beaux-arts de Montréal en 2024. Mais cette recherche à rebours de l’histoire fait rapidement apparaître d’autres images de douleur ou de honte que Jean Kazemirchuk nous remet en mémoire : la catastrophe écologique de Tchernobyl (1986), les massacres de Babyn Yar (1941) et l’Holodomor (1932), des tragédies qui nous rappelent que «l’âge d’or» n’a peut-être jamais existé.

